24/04/2017

Comparatif

aidantFrance, Belgique, Allemagne : où vaut-il mieux être aidant ?
Statut plus ou moins reconnu, droits pas toujours bien connus, accompagnement et soutien très disparates : les aidants européens ne sont pas tous logés à la même enseigne.

Comparaison des situations en France, en Belgique et en Allemagne.
Où qu’ils vivent, les aidants sont confrontés à des difficultés similaires, ont des besoins identiques en matière de soutien et d’aide. A fortiori dans trois pays voisins géographiquement et culturellement proches… à première vue.

belgeMais à y regarder de plus près, les premières différences émergent. Ainsi, le travail des aidants belges est moins bien valorisé : l’aide qu’ils apportent est estimée à 1000 euros par mois environ, contre 3000 euros en France.

Par ailleurs, en Allemagne, les femmes sont surreprésentées parmi les aidants. Ainsi, 90 % des aidants allemands seraient des aidantes, contre 57 % en France.

Une aide financière pour les aidants : pas si simpleallemand
En effet, l’Allemagne a mis en place des mesures pour encourager les aidants à se consacrer entièrement à l’accompagnement de leur proche, quitte à ne plus travailler. Et ce sont donc les femmes qui prennent cette décision en grande majorité, probablement parce que comme en France, les femmes, à fonctions et compétences égales, touchent un salaire moindre que les hommes.

Cette aide est perçue par 74 200 aidant.e.s allemands, et peut atteindre 1500 euros par an. Surtout, elle s’accompagne d’un maintien des droits sociaux (cotisations retraite).

En Belgique, une aide est aussi versée aux aidants résidant dans quelques communes flamandes. Son montant et ses conditions d’attribution sont à la discrétion de chacune de ces communes. Au total,  30 000 personnes, sur les 860 000 aidants que compte la Belgique, en bénéficient.

franceEn France enfin, aucune aide n’est prévue pour les aidants, hormis le droit au répit dans certains cas bien particuliers. Mais un peu moins d’un aidant sur 10 est employé par son proche et rémunéré grâce à l’Apa (allocation personnalisée d’autonomie), comme la loi les y autorise. Les aidants concernés bénéficient donc indirectement d’une aide publique.

Conserver ses droits sociaux
Cette embauche par son proche âgé permet aussi à l’aidant de conserver ses droits sociaux (chômage, retraite). Les autres en revanche ne cotisent plus quand ils s’arrêtent de travailler pour aider un aîné fragilisé, au grand dam des associations d’aidants.

Enfin, sur le plan des congés destinés à accompagner un proche, seule la Belgique a mis en place un système de congés rémunérés.

Les Français qui recourent au congé de solidarité familiale, destiné à accompagner une personne en fin de vie, peuvent néanmoins prétendre à une allocation spécifique, qui se monte à 55,37 euros par jour.

En matière d’aides financières et de droits des aidants, beaucoup reste donc à faire pour permettre à ceux qui le souhaitent de prendre soin de leur proche âgé, en France comme ailleurs.

source : http://www.agevillage.com
crédit photo: https://pixabay.com/fr, https://www.barralcastres.org, http://www.drapeaux.xyz,http://www.lanouvellerepublique.fr

08:08 Écrit par RSEA dans Blog, INFO, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

21/04/2017

Témoignage.....

temoignage« Être aidant, ça demande du temps, de l’énergie et un combat au quotidien. »
 Annie Reymond n’est pas sortie indemne de plus de dix années d’aide quotidienne à sa fille handicapée. Comme beaucoup d’autres, elle s’est épuisée dans ce rôle d’aidant, essentiel, mais pas suffisamment reconnu.

« J’ai porté trop de choses sur mes épaules. Je m’en rends compte aujourd’hui. » Annie Reymond a aidé sa fille au quotidien pendant une dizaine d’années. Julie, 23 ans, atteinte d’une maladie orpheline rare, l’Ataxie de Friedreich, vit désormais dans son propre appartement. Sa mère peut donc souffler.


Mais aujourd’hui encore, elle paie le prix de ce lourd investissement. Elle en a gardé des séquelles, physiques et psychiques. « Des problèmes de mémoire et de concentration, notamment. Il a fallu que je m’arrête complètement de travailler parce que je n’avais plus mes facultés d’avant. »

L’aidant, clé de voûte du maintien à domicile
Le rôle des aidants s’avère primordial. Ils représentent souvent la clé de voûte du maintien à domicile de leur enfant, conjoint ou parent en situation de handicap.  Mais beaucoup finissent par s’épuiser dans cette relation d’aide. « Être aidant, insiste Annie Reymond, ça demande du temps, de l’énergie et un combat au quotidien ». Sans suffisamment de soutien des pouvoirs publics.

Pas assez de solutions de répit
La prestation de compensation du handicap, instaurée en 2005, permet certes de dédommager l’aidant familial. Mais le tarif horaire est bas (de 3,7 à 5,6 € par heure). Et le nombre d’heures accordé par les Maisons départementales des personnes handicapées est bien inférieur aux besoins réels.

Par ailleurs, des solutions de répit voient le jour. Mais le nombre de places en accueil de jour ou en accueil temporaire est bien loin d’être suffisant.

Un congé de proche aidant non rémunéré
Quant au code du travail, il évolue doucement. Les salariés viennent d’obtenir le droit à deux jours de congés supplémentaires par an si leur enfant est handicapé. Et les conditions permettant de prendre un congé de proche aidant ont été assouplies. Mais il reste non rémunéré, ce qui limite évidemment le nombre de travailleurs pouvant y avoir accès.

Améliorer la compensation du handicap
Plus fondamentalement, la question des aidants pose celle de la compensation du handicap, déjà évoquée par plusieurs témoins dans les vidéos diffusées sur faire-face.fr. La charge de l’aidant serait beaucoup moins écrasante si la personne dépendante pouvait bénéficier des aides humaines (voir le témoignage de Sarah Salmona), des aides techniques (voir le témoignage de Ricardo Antunes Pedroso ou d’Isabelle Olivier, maman d’Anaïs, 6 ans) ou bien encore des services dont elle a besoin.

« Vous vous dites que vous avez foutu votre enfant dans la galère. »
Reste toutefois la culpabilité, que ressentent, plus ou moins fortement, de nombreux parents. Un sentiment qui les pousse à se surinvestir dans la relation d’aide. « Vous vous dites que vous avez foutu votre enfant dans la galère, même si vous n’y êtes pour rien », raconte Annie Reymond.

Sans compter les bleus à l’âme qu’il faut soigner. « Un enfant handicapé, c’est compliqué pour lui sa vie. Des fois, il est tellement mal qu’il peut être agressif. Qui est là pour ramasser les coups ? Si ce n’est pas la mère… »

source : http://www.faire-face.fr
crédit photo : http://www.patientsansfrontieres.fr


19:52 Écrit par RSEA dans Blog, INFO, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

19/04/2017

Politique...

les vieuxDes propos qui nous ont parus fort intéressants à quelques jours du scrutin

Monique Pelletier, avocate et ancienne ministre, membre honoraire du Conseil constitutionnel, estime que les "vieux" sont les grands oubliés de la campagne présidentielle et
appelle les personnes âgées à "s'indigner".

Aucun candidat n'a présenté un ­programme destiné aux "vieux" durant la campagne pour la présidentielle. Pourtant, l'espérance de vie a considérablement augmenté. En 2050, 5 millions de Français auront plus de 85 ans. Les gouvernements qui se ­succèdent tiennent un étrange discours, dans lequel le fait de vieillir est considéré comme un problème, l'équivalent d'une maladie. A cette approche médico-sociale s'ajoute une sorte de constat d'impuissance : l'équation financière – le coût pour les générations à venir – serait insoluble. Ce discours m'indigne. Cette façon de traiter les personnes âgées comme une charge est insupportable. Les plus de 80 ans dérangent : ils vivent trop longtemps.

Pourtant, parmi ces "vieux", seuls 10% deviennent "dépendants". Ce pourcentage ne devrait pas varier. Il en reste donc 90% qui, malgré leurs fragilités, restent actifs. Pourquoi les exclure? Pourquoi passer sous silence les mille services qu'ils rendent? Animation de clubs de sport, de loisirs, d'associations culturelles ; aide aux jeunes dans leurs recherches d'emploi et de formation. Sans compter la garde des enfants, auxquels ils consacrent un nombre d'heures considérable! La société profite de cet apport mais ne leur propose rien, sinon une vie amoindrie.
"Il est inadmissible que l'avancée en âge altère les droits"

Les "vieux" n'ont pas la possibilité d'investir : il leur est difficile d'emprunter. On hésite à leur louer un logement compte tenu du droit au maintien dans les lieux – censé les protéger. Rien n'est vraiment fait pour leur permettre de participer à la vie de la cité. Circuler est un casse-tête. A Paris, il est impossible pour qui marche mal de prendre le métro : escaliers trop nombreux, escalators et ascenseurs trop rares. Enfin, la liberté de communiquer de ceux qui ne savent pas se servir d'un ordinateur ou d'un téléphone portable est de plus en plus restreinte.

Il est inadmissible que l'avancée en âge, étape naturelle de la vie, altère les droits, les devoirs et, pire, la dignité de la personne. Le placement en Ehpad en est la plus criante illustration. Habiter chez soi, continuer d'y vivre et y mourir est le vœu de neuf personnes sur dix dans toute l'Europe. Qui aimerait finir sa vie dans un mouroir, où la maltraitance liée au manque de personnel est un risque réel? Tous les jours, des "vieux" y souffrent alors que le maintien au domicile est moins onéreux que l'hébergement collectif.

    L'essentiel est de modifier nos ­comportements à l'égard des "vieux"
Lorsque la situation de dépendance s'installe, elle nécessite des soins quotidiens et une assistance ménagère qui incombent, en France, aux 6 millions "d'aidants familiaux" (conjoints, filles, belles-filles...). Si le parent dépendant vit chez lui, ces aidants assument la quasi-totalité de l'aide dont il a besoin. S'il est en institution, ils financent son hébergement. Beaucoup y sacrifient leur vie personnelle et professionnelle. Or la dernière loi sur le vieillissement n'a accordé à ces aidants qu'une semaine de répit par an à 500 euros!

Les générations actuelles ne pourront ni ne voudront assumer une telle charge. C'est donc aux pouvoirs publics de prendre la mesure du problème de la dépendance, et de mettre fin à la détresse des familles concernées.

"Nous serons tous 'vieux' demain"
Quelques mesures simples devraient être adoptées très rapidement : amélioration de l'accès aux droits (allocation personnalisée d'autonomie) ; création d'un deuxième jour férié travaillé en plus du lundi de Pentecôte ; invention d'une profession de "généralistes" de l'aide à domicile, gratuite pour les démunis ; incitation à proposer de vraies assurances privées dépendance. Toutes ces mesures et d'autres pourraient constituer la base d'un "plan dépendance", aussi ambitieux et structurant que les plans cancer successifs.

Mais l'essentiel est de modifier nos ­comportements à l'égard des "vieux". Et d'envisager les dernières années de vie avec les personnes âgées elles-mêmes. Candidats d'aujourd'hui, électeurs, nous serons tous "vieux" demain. Réveillons-nous.

source : http://www.lejdd.fr
crédit photo : http://www.dargaud.com


16:44 Écrit par RSEA dans Blog, INFO, Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

11/04/2017

Elections 2017

2017Dépendance: un chantier inachevé attend le prochain locataire de l'Elysée
Permettre aux personnes âgées d'assumer le coût des maisons de retraite, pallier le manque de personnel ou soulager les aidants familiaux: le chantier de la dépendance, engagé par François Hollande mais inachevé, attend le prochain locataire de l'Elysée.

- Quelles sont les projections démographiques?
Un habitant sur quatre aura 65 ans ou plus en 2040, selon l'Insee. Dans cette tranche d'âge, 8% seulement des seniors affrontent la perte d'autonomie, celle-ci survenant en général au-delà de 80 ans, rappelle le sociologue Serge Guérin.
En 2040, les personnes âgées de plus de 75 ans représenteront près de 15% de la population contre 9% actuellement.
Alain Villez, président des Petits frères des Pauvres, estime que les candidats font des propositions "trop parcellaires" face à cet enjeu. "On va se trouver face au problème dans toute son acuité, et on n'aura pas anticipé".

- Qu'est-ce qui a été fait?
Nicolas Sarkozy en 2007, puis François Hollande en 2012, s'étaient engagés à faire une grande réforme de la dépendance.
Elaborée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, la loi sur "l'adaptation de la société au vieillissement", dotée de 700 millions d'euros par an, est entrée en vigueur début 2016. Sa mesure phare est la revalorisation de l'Allocation personnalisée à l'autonomie (APA) pour les personnes âgées résidant à domicile.
Pour des raisons budgétaires, l'exécutif a renoncé à une deuxième étape, qui devait porter sur les maisons de retraite. Leur coût moyen mensuel a été évalué à 2.200 euros (Igas 2009), alors que la pension moyenne des près de 16 millions de retraités en France est de 1.300 euros bruts (Drees 2014).

- Quel financement proposent les candidats?
Marine Le Pen (FN) promet de créer une 5e branche de la Sécurité sociale pour la dépendance, mesure chiffrée par l'Institut Montaigne à 9 milliards d'euros par an.
Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) veut également "une prise en charge solidaire", en mettant à contribution les revenus immobiliers et les successions sur les gros patrimoines. Le socialiste Benoît Hamon, qui propose de créer un "panier de services publics +bien vieillir+" de proximité, promet d'investir "3 milliards d'euros en année pleine".
Le candidat de la droite François Fillon préfère encourager, par des incitations fiscales et une labellisation, la souscription d'assurances dépendance privées, et inciter à l'épargne-autonomie.
Emmanuel Macron (En Marche!) entend s'appuyer en premier lieu sur la solidarité nationale, mais n'écarte pas des solutions complémentaires telles que l'épargne, selon son équipe.

- Quelles mesures concrètes?
Plusieurs candidats proposent  d'augmenter l'APA: Marine Le Pen, Benoît Hamon (+30% pour le domicile) et Jean-Luc Mélenchon (+50%).

Le coût moyen mensuel d'une maison de retraite a été évalué à 2.200 euros, alors que la pension moyenne des près de 16 millions de retraités en France est de 1.300 euros bruts
AFP/Archives
Pour les maisons de retraite, Benoît Hamon créerait une allocation unique "bien vieillir" proportionnelle aux moyens de chacun, pour couvrir une partie du coût d'hébergement. Jean-Luc Mélenchon promet de réduire le "reste à charge" de 500 euros par mois, et de développer un réseau public d'établissements à tarifs accessibles, avec 50.000 places créées en cinq ans.
François Fillon et Benoît Hamon prévoient d'adapter au vieillissement 150.000 logements supplémentaires (après 100.000 sous le quinquennat Hollande).
François Fillon veut faire de l'aide aux personnes âgées "une priorité" du service civique, étendu pour cette action spécifique aux plus de 25 ans.
Emmanuel Macron fait valoir que sa proposition de suppression des charges au niveau du Smic pour tous les salaires permettra à l'APA de payer devantage d'heures d'aide à domicile.

- Et le personnel?
Jean-Luc Mélenchon promet de former et recruter au moins 100.000 personnes, et de refondre les grilles de rémunération pour valoriser les métiers de prise en charge de la perte d'autonomie.
Benoit Hamon dit vouloir augmenter de 3 à 5 le nombre d'aides-soignants par Ehpad. François Fillon promet un plan de professionnalisation des aides à domicile.

- Que faire pour les aidants familiaux?
Plus de 8 millions de personnes aident au quotidien un proche malade, âgé ou handicapé.
François Fillon dit vouloir doubler, jusqu'à 1.000 euros par an, le "droit au répit" instauré en 2016.
Emmanuel Macron, comme François Fillon, veut permettre le don de RTT entre salariés (déjà institué pour les parents d'enfants gravement malades) et prendre en compte la situation des aidants dans le calcul de l'âge de départ à la retraite. Il veut par ailleurs favoriser leur formation et droit au répit.

source : https://www.publicsenat.fr
crédit photo : http://paris.carpediem.cd


19:05 Écrit par RSEA | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook